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11 nov 2018 1

 

 

Chez nous à Robion, il y a 100 ans, avant même que les cloches communales ne sonnent l’espoir de retrouver sains et saufs les mobilisés au front, 14 jeunes hommes ont été tués en 1918 sur les derniers champs de batailles d’une fin de guerre aussi interminable qu’incertaine.      

 

 

 

A nouveau les familles et la commune pleurent :

Félix BAUMIER

André BRESSY

Justin CHABAS

Albert CLOT

Henri DARRIES

Valentin DAUMAS                  laissera un fils Adrien

Georges EULA

Baptistin GENEZILLE

Léon GREGOIRE

Victorin ISNARD

Ange PASCAL

Barthélemy PHILIBERT                      laissera trois filles Emma, Marie-Rose, Léonie

Albert RAYMOND

Paulin ROBERT est le dernier tué Robionnais au front dans les tous derniers jours, il laisse une fille Yvonne

Au total, 192 hommes de notre commune ont été mobilisés durant les quatre années de conflit.

75 d’entre eux sont morts au front tués à l’ennemi ou des suites de leurs blessures.

Mais au-delà du 11 novembre 1918 la litanie des morts n’en finit pas

Jean Baptiste BARBANSON   laisse deux garçons : Gabriel et Léon

Camille FABRE

Charles GROS

Joseph REBOUL

meurent de leurs blessures en 1919 et en 1920

Aujourd’hui nous rendons hommage aux 79 tués à l’ennemi de Robion, nous redonnons corps à leur existence par la voix des enfants de Robion :

ALEXIS Gabriel Paulin

AMADE Ferdinand Louis

ARMAND Jean

AVON Jean Baptiste

BARTHELEMY Laurent

BERTET Julien

BLANC Louis

BONETY François

BONNET Aimé Philippe

BOUSCARLE Marcel

BRESSY Paul

CHABERT Gabriel Marie

CHABERT Justin

CHABERT Michel Marcel

CHABRAN Auguste André

CHABROULIN Lucien François

CLARETON Baptistin Félix

CORETTE Alfred

DARRIES Clément Auguste

DOUZON Sylvain Louis

ERNEWEIN Antonin Auguste Dieudonné                 

FABRE Louis Pierre

FABRE Camille

FARAUD Pierre

FAVIER Aimé Rémi

GILLES Marcel Clovis

GRANIER Ferdinand Paul

GROUILLER Henri Ernest

GUILLEN Victor Emile

JACOTET Apollinaire Eugène

JEANSELME Eugène Louis

JEANSELME Aimé Julien

     

     

 

JOUFFRET Louis Félix

JOULY Charles Georges Séraphin

MASSIERA Vincent

MERY Louis Paul

MEYSSARD Albert Gustave

MILLET Jules

MORICELLY Louis Marcel Joseph Xavier

MONTAUBAN Félicien Paulin

MONTAUBAN Henri

MONTAUBAN Pierre Honoré

MOUTIN Lucien Victor

NOEL Philippe Edouard

NOEL Marius Fernand

OUVIER Clovis Emile

PASCAL Henri

PEYRON Joseph Elisé

RAMADE Léon Siffrein

RASPAIL Louis Angéli Fortuné

REYNARD Louis Joseph

RIQUE Paul Clément

ROBERT Ludovic

ROBERT Pierre

ROBERT Roger Marius

ROUGON Clément

ROUGON Henri Pierre

SAINT PIERRE François Joseph

SARDOU Alphonse

SAUZE Louis Julien

SOUMILLE Marius Joseph

VILLARD Emile Léopold

    

 

 

Henri PASCAL sera lui victime de ses doutes sur la nécessité d’avoir à subir tant d’horreurs et de souffrances.

L’abnégation à sa patrie, le civisme n’ont pas toujours suffit pour convaincre des jeunes gens à tirer un trait sur leur avenir.

Notre histoire doit garder aussi la trace du fusillé pour l’exemple de Robion.

Sans juger ceux qui ont dû mener la guerre de manière cruelle pour arracher l’Armistice.

Sans juger le choix des Robionnais touchés dans leurs chairs, frappés de douleur qui décidèrent de ne pas inscrire son nom sur nos monuments.

Mais la réalité est ainsi, la guerre a emporté 80 jeunes hommes de Robion.

Il nous faut également garder le souvenir des blessés, des mutilés et des gazés dont le capital de vie fut entamé par tant de douleurs physiques et psychiques.

Garder aussi le souvenir de tant d’orphelins, pupilles de la nation, que nous avons pour certains connus, qui furent témoins et nous racontèrent le chaos et toutes les difficultés de l’après-guerre à Robion.

Garder aussi le souvenir de celles qui se sont substituées aux maris, aux fils pour tenir durant quatre années, à bout de bras féminins, l’économie agricole locale.

550 hectares de vignes sur la commune à préserver, à tailler, à récolter.

A Robion aussi s’est défriché par la force du destin le chemin de la reconnaissance légitime d’une égalité sociale homme, femme.

5 % de la population Robionnaise est morte aux combats, un deuil collectif d’autant plus insupportable à accepter qu’il inverse l’ordre des générations et provoque un déséquilibre démographique sans précédent.

Alors, certainement, le 11 novembre 1918 fut un jour de fête à Robion.

Certainement qu’il fut aussi un jour d’amertume de tant de vie perdues et le premier jour d’un processus mémoriel qui nous donne rendez-vous aujourd’hui.

Edifier des monuments, graver dans la pierre pour la première fois dans l’histoire le nom des morts pour la France, sera la priorité nationale pour construire un discours, une historiographie de reconnaissance.

Pour étouffer aussi une conscientisation de masse sur l’instrumentalisation abusive des peuples à devoir réguler les mouvements géopolitiques.

Pour construire les deux monuments de Robion, quatre années furent nécessaires de discussions, de tensions et finalement de compromis pour satisfaire les attentes de toutes et tous.

Quatre années pour que les familles, surmontant les difficultés administratives, financières, puissent faire procéder à l’exhumation des champs de batailles des corps identifiés de leurs proches afin de les ramener sur leur terre de naissance.

Nos monuments du souvenir ont été inaugurés le 12 novembre 1922.

Nul Robionnais ne pouvait alors penser que ces pierres sculptées deviendraient aussi le nécrologue d’un autre conflit dévastateur par l’écriture d’une paix trop punitive.

Que nous subirions les abîmes du nationalisme, dont nous ne sortirons qu’en livrant à nouveau au sacrifice, des flots de jeunes vies à en rougir le sable Normand.

L’histoire a des rebonds dont il nous faut sans cesse nous méfier.

Par nécessité, par force de caractère, la vie forte et intense, belle et festive reprendra ses droits dans les années vingt et trente comme en attestent les archives, les photos et les souvenirs que nos anciens nous ont transmis avec émotion.

Mais la blessure fut si profonde et si vive que rien ni personne ne fut oublié et que cent années n’ont pas épuisé notre capacité à nous souvenir.

Encore aujourd’hui, face à ce monument, nous regardons notre histoire avec respect et commotion.

Nous regardons aussi notre avenir.

Aucune communauté ne peut lucidement entrevoir son futur sans le rechercher au travers de son histoire.

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Place Clément Gros, 84440 Robion
Tél. :04 90 76 60 44
Horaires d'ouverture :9h-12h30 ; 13h30-17h30